Acte I : Chapitre V : Autant en emporte le vent

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Acte I : Chapitre V : Autant en emporte le vent

Message par Eoghan Cuidu le Sam 7 Mai - 22:40

Pendant toute la nuit, elle avait essayé de faire bouger la feuille, de l'enflammer, ou juste de la faire léviter. Mais au petit matin, elle n'avait toujours pas réussi à faire quoi que ce soit. Fatiguée et épuisée, elle voulut aller se reposer un peu, mais quelqu'un frappa a la porte. Quant elle l'ouvrit, Ignatus Tepes se trouvait devant elle. Il portait son habituelle armure segmentée impériale composée de lamelles d'acier articulées, et portait au-dessous une courte tunique rouge sang. Sa main gauche était sur le pommeau de son gladius, et son casque avec des rabats sur les côtés ainsi qu'un protège-nuque dans l'autre main. Son grand bouclier était attaché dans son dos : il était en bois recouvert de cuir et d'acier. Sur son torse était gravé un blason représentant le dragon impérial, le dragon des septentrions. Ce même blason était gravé sur son bouclier et sa lame.
« Tu ess en retard !
- Quoi ?
- Tu avais entraînement avec moi a huit heures et il est huit heures cinq. Tu es en retard.
- On avait jamais dit que …
- Tu as cinq minutes pour me retrouver sur le terrain ou je stoppe ta solde. » Il se retourna en claquant ses bottes et repartit à grand pas. Elle se pressa de changer de vêtements pour des plus propres. Depuis qu'elle était l'apprentie de Asa, sa solde lui avait permis de s'acheter de nouveaux vêtements. Bien qu'elle devait toujours porter les habits d’apprenti dans la forteresse, elle ne se privait pas une fois à l’extérieur. Asa lui avait fourni de nouveaux habits d'apprenti pour qu'elle ze distingue de tous les autres car elle était l'apprentie du « vrai seigneur des ténèbres » et devait en conséquent se montrer digne de ce rang de toutes les manières possibles. Elle n'aimait pas l'idée de devoir se montrer, mais elle ne disait jamais non à de nouveaux vêtements, c'était un hobby pour elle. Les habits qu'elle mit étaient d'ailleurs ceux que Asa lui avait fourni. Une robe rouge avec un léger décolleté saillant, avec à la taille une ceinture en cuir longue pendante, ainsi qu'une grande veste rouge très ample à capuche. Rien de bien extravagant, mais les autres apprentis étant en marron ou en bleu, elle faisait tache dans la citadelle. Elle prit juste le temps de se laver le visage et partit en courant vers le cercle de sable. Toute arme lui avait été reprise ainsi que toute armure, elle devait donc prendre le matériel de combat directement sur les râteliers d'armes. Tepes était là, épée tirée, bouclier en avant, les jambes fléchies.
« Aujourd'hui tu vas essayer une arme d'hast. » Une armoire était ouverte et à l'intérieur se trouvaient plusieurs bâtons se terminant par des lames de toutes sorte. L'une d’entre elles était brisée à son bout et n'avait pas la moindre lame, cela faisait d'elle un simple bâton en somme. C'est celle-ci qu'elle prit. Elle alla ensuite au râtelier le plus proche, prit une lame courbe et l’enfonça comme si c'était du beurre dans le bois. Avec une corde de cuir, elle lia le tout en espérant que cela tienne. Elle ne savait pas du tout d'où lui venait cette idée, mais elle se retrouvait maintenant avec une grande faux, tel un spectre de la mort. Sans la prévenir d'aucune sorte le légionnaire l’attaqua. Elle eût juste le temps de faire une roulade sur le côté pour ne pas se faire transpercer par le glaive. De retour sur ses pieds, elle dû se pencher en arrière pour ne pas se faire décapiter, juste une mèche de ses cheveux roux tomba à terre. Le légionnaire y allait sérieusement ! Chaque coup était destiné à la blesser ou à la tuer ! Elle ne pouvait qu'esquiver ou parer les coups. De nouveau au centre du cercle, elle sauta en arrière pour mettre de la distance entre lui et elle. Elle réussit a mettre un coup à la gauche de son adversaire, mais il para sans difficulté avec son bouclier.
« Réfléchis ! Si son bouclier est à gauche, ne l'attaque pas là ! » Son maître se trouvait dans les gradins de l'arène. Il était vêtu d'une simple chemise blanche et d'un pantalon court qui se finissaient à ses genoux.
« Ne te laisse pas distraire ! » Elle se prit un coup de pommeau sur la tempe, la faisant chanceler. Elle dû recommencer à parer et à esquiver chaque coup. Bien qu'agile, le vampire l'était aussi et avait plus d’expérience, elle se prenait donc un grand nombre de coups même si elle essayait de se protéger désespérément.
« Tiens toi bien ! Tes jambes, écarte les ! Ancre toi dans le sol ! Ton arme est longue, sers toi donc de cela, souviens toi de sa forme ! » Il la distrayait plus qu'autre chose ! Elle ne pouvait pas l'écouter et se protéger des coups de plus en plus durs de Tepes. Mais il fallait tout de même l'écouter. Elle se mit donc en position, les jambes ancrées dans le sol, le bâton dans son dos, la lame vers le sol. Elle fit une roulade pour se retrouver derrière le guerrier. Le temps qu'il se retourne et se remette en garde, elle avait réussit à passer sa lame entre le bouclier et sa poitrine. Le coup brisa la garde de celui-ci, permettant à la jeune fille de frapper à l'épaule. La lame se figea dans le corps de Tepes qui retira la lame à main nue, la détachant du bâton. Fière de sa victoire, elle ne vit pas la lame du glaive s’enfoncer dans son ventre. La douleur la fit s’effondrer au sol, la tête frappant assez fort pour l’assommer.  

XXX

« Tu avais vraiment besoin de l'éventrer?
- C'est toi qui m'a demandé d'être plus dur avec elle, elle s’en remettra ! Ce n'est pas comme si je l'avais décapitée ! » Le mal de tête de la jeune fille était plutôt important quand elle se réveilla dans ses appartements. Elle avait réussi pour la première fois à toucher le vampire, elle se sentait fière.
 Son entraînement et ses leçons défilaient au file des jours, elle connaissait maintenant l'Histoire de son Monde aussi bien que toutes les grandes familles nobles Mirnatienne. L’art du dessin lui était des plus familiers ainsi que l'aquarelle, mais elle avait toujours du mal avec ses leçons de philosophie et de physique-magique et chimique. Une fois, elle avait fait exploser les laboratoires d'alchimie en faisant chauffer de l'eau, personne n'avait compris comment elle avait fait, certains même avait retenté l’expérience sans succès. Le Grim avait dû faire son mea culpa aux membre de la guilde des alchimistes, qui lui avaient prêté leur laboratoire en ville. Quant à Aeryn, c'est à lui qu'elle dû faire en mea maxima culpa et fut punie par un arrêt de solde pendant un mois complet. Tous les soirs après les cours, avant d'aller se coucher, elle s’asseyait dans le cercle de magie. Elle avait appris que le cercle servait à concentrer la magie dans l'air et l’environnement, ainsi qu'à canaliser le pouvoir du mage l'utilisant. Elle commençait réellement à douter de ses capacités après un an sans le moindre résultat. Mais chaque matin, Asa lui disait de continuer, qu'il fallait des années pour qu'un novice arrive a débloquer ses pouvoirs. Pendant cette année, le Grim avait pris le contrôle total de la ville et même de l'archipel de Mirnaty. Sa politique avait de plus en plus fait perdre de pouvoirs au conseillers, il avait allégé les impôts et fait baisser le chômage par la reconstruction des bas-quartiers qu'il avait financé des propres caisses de l'Ordre. Il avait aussi fait quitter la ville à tous les gardes impériaux en quelques semaines et avec en plus leur consentement ! Aeryn se souvenait de ce jour-là, où en armure de mage de guerre complète, elle et Asa avaient accueilli le tribun Caïus Orélius. Le  centurion avait depuis le temps reçu une promotion pour ses exploits dans l'affaire des vampires et ses capacités sur les champs de bataille dans la guerre contre la Dux Nirm Napa. La Dux était la légitime dirigeante de Mirnaty mais nul membre de sa famille n'avait dirigé depuis des décennies. Caïus Orélius était rentré dans l'ancienne salle du conseil qui depuis était devenue la salle du trône. Seul celui du dragonnier était encore en place, les autres conseillers devaient se tenir debouts lors des réunions ou n'étaient tout simplement pas invités. Le tribun portait l'armure de son grade, une protection au torse en acier forgé qui reprenait la forme des muscles d'un homme, ses avant-bras ainsi que ses tibias était aussi protégés par de l'acier, ses épaule étaient recouvertes de plusieurs lanières de cuir comme ses jambes. Il portait une tunique blanche et or avec une cape pourpre, son casque à collerette était doré et ressemblait à celui d'Ignatus, et le dragon impérial était brodé en fil d'or sur sa cape et forgé sur son torse. Il était suivi de deux autres officiers. A leurs tenues, ils devaient être des centurions. L'un d'eux était une femme blonde. Une fois devant Asa, ils se mirent a genoux, frappèrent le torse et tendirent la main vers lui en disant :
« Salutem, Caesar » D'un signe de main de sa part, ils se relevèrent.
« Tribun Orélius, centurions Järnisda et Baldwinn, je vous ai fait mander aujourd'hui pour une raison extrêmement importante et je m'excuse de vous avoir fait quitter vos poste. Vous ne le savez peut être pas, mais les royaumes du Nords sont au bord de la guerre totale, je ne l'ai appris qu'hier. Le Earl Harald a, durant le blót, demandé un concile. » Le silence dans la salle se fit pesant. Le concile est l'assemblée des treize Earl, souverains des treize royaumes du nord, il n'est convoqué seulement quand le Haut-Roi est mort sans le moindre héritier digne, même bâtard, pour reprendre le trône. La dernière lignée de Hauts-Rois des Septentrions est celle qui a créé l'Empire. Il n'y a plus eu de Haut-Roi depuis, la Garde Pourpre était avant d'être les troupes de l'empereur l'armée personnelle du Haut-Roi. Par serment, si un nouveau Haut-Roi était désigné lors du concile, la garde deviendrait son armée.
« Comme vous le savez, le Earl Harald n'est pas le plus pacifique des nordiques. Il a déjà avec lui la Earl Sigurd et peut être bientôt le Earl Magnus. Je tiens à rappeler que le Earl Magnus est le père du centurion Järnisda. » Les regards se tournèrent vers celui-ci.
« Je ne suis pas contre le retour du Haut-Roi, mais je ne peut envisager que celui-ci soit Harald. La Earl Morrigann a déjà préparé une offensive, mais seule elle n'a aucune chance face à trois armées. Je sais qu'elle prépare une alliance avec un autre earldom mais le temps presse. Le concile est plus qu’un vote, vous le savez, celui qui dirige deux earldom ont deux vote à faire, etc, etc. En somme il leur suffit de prendre par la force leur vote ! J'ai l'entière conviction qu'il faut stopper Harald. Je vous demande donc, tribuns, de mener la garde vers sa terre natale et de vous mettre sous le commandement de la Earl Morrigann. Je sais que vous ne prenez pas d'ordre de la part des Ordres mais je ne suis pas un Ordre, je suis Caesar Imperator.
- Même si nous acceptions de conduire la Garde Pourpre de Mirnaty chez la Earl de la Mer des Brumes, les autres tribuns dans les différentes parties du continent ne me suivraient pas. Je suis tribun, pas général. Le dernier général est mort sans successeur lors de la chute.
- Que différencie le général pourpre des tribuns ? L'anneau du général. Et cela mon ami, je vous le donne. » Se levant de son trône, il enleva son gant qu'il portait en toute opportunité. On pouvait voir que ses mains et ses avant-bras avaient été brûlés, les cicatrices en témoignaient. C'était la première fois qu'Aeryn les voyait. Il retira l'un de ses anneaux et le tendit au tribun.
« A genoux, tribun Caïus Orélius, moi Asagrim Lothbrock Caesar Imperator fait de vous le général en chef des armées pourpres. Jurez-vous de servir et de protéger le Haut Trône de tout ses ennemis et de mourir pour lui ?
- Je le jure.
- Bien, relevez-vous général, et menez vos troupes là où sont leurs places ! » Elle se souvenait encore du regard médusé des conseillers devant les actes de celui qui pour eux était le sinistre Grim. Par la suite, elle rendit visite à Hatt qui était sorti de convalescence depuis un moment. Il allait mieux, mais son visage était à jamais marqué de la trace des doigts du vampire qui l'avait mutilé. Les soins réguliers d'Asa avaient atténué les brûlures sur son bras et sa jambe, mais tout comme son visage, son corps resterait marqué à vie. Leur relation ne fût plus jamais la même, mais ils restèrent très proches. Les études de la jeune fille lui prenaient presque tout son temps, mais elle allait tout de même le voir quand elle le pouvait. Il avait quitté l'Ordre pour se consacrer pleinement à la politique de l'archipel : il dirigeait à présent sa maison noble depuis la mort suspecte de son père. Gil lui avait lâché la grappe, mais il n'était plus une bonne relation depuis ce soir où il l'avait attaquée. L'Ordre fournissant à Aeryn vêtements et couvert, elle ne dépensait pas beaucoup de son argent, et au bout de seulement dix mois, elle avait la moitié d'une pièce d'or en poche. Durant cette année, elle avait même remarqué qu'elle avait acquis plus d’influence dans la forteresse et la ville en tant qu'élève du nouveau -n'ayons pas peur des mots- Roi de l'Archipel. Asagrim avait d'ailleurs commencé un partenariat avec la famille de Hatt, faisant d'eux les intendants en quelque sorte de son gouvernement. Le Conseil quant à lui n'était pas resté sans rien faire, Asagrim savait qu'ils avaient prévu de l'éliminer et attendait qu'ils fassent leur mouvement contre lui pour qu'il puisse les punir comme il se doit. Elle trouvait cette façon de penser un peu dérangeante, pourquoi attendre que l'ennemi frappe en premier ? Pourquoi ne pas le frapper alors que l'on est au plus haut de sa puissance ? Il n'avait donné aucune explication à cela, mais Lilith lui avait dit que c'était probablement pour que leur mort ne soit pas sur sa conscience, que s'ils frappaient les premiers sa réaction n'était que de la légitime défense et non un meurtre de sang froid. Drôle de façon de penser pour un être qui est supposé avoir massacré des empires et royaumes, d'entières civilisations. Pendant ses nombreux séjours dans les différentes bibliothèques de l'archipel, elle avait amassé le plus d'informations possibles sur le Grim. Et ce qu'elle avait découvert pouvait faire mourir d'effroi plus d'un. On ne sais pas qui il est, ni son nom, ni son origine. Différentes théories au cours des siècles étaient apparues, mais aucune n'était plausible ou à envisager sans accepter l'existence de notions supérieures de réalité et de multi-univers. Titan pour certains, Roi des Dieux, Dieu des Rois pour d'autres, démon originel, fléau divin, dragon vengeur sous forme humaine... La liste des théories sur sa nature était aussi nombreuse que ses apparitions dans l'histoire d'Andur. Mais chaque texte avaient en commun la notion d’Éternité, avec un grand E. Un texte datant du Grand Empire elfique disait même qu'il avait été exécuté, premièrement écartelé, puis pendu et poignardé, avant d'être ensuite brûlé vif. La description de sa mort étant des plus détaillées, Aeryn supposait que l'auteur avait été aux premières loges. Le texte disait une fois traduit en langue commune : « Et en ce jour maudit ou béni, le grand Briseur de Chaînes avait été capturé lors de la bataille. Il avait fallu tous les bataillons pour le stopper. Les morts se comptaient par centaines dans les deux camps. C'est la générale Asa qui lui porta un coup décisif. A terre, celui que j'avais nommé le Grim ne pouvait plus se défendre. Pendant plusieurs heures, ses tourments firent vibrer les murs de la forteresse de cristal. Mais nous ne pouvions le garder plus longtemps en vie au risque que sa gargantuesque armée arrive à nos portes pour le reprendre. Nous avons donc laissé à sa femme la générale Asa le plaisir de préparer son exécution s'il ne se soumettait pas une fois de plus. Comme le guerrier qu'il était, il a refusé notre offre de paix et de rédemption. Nous nous y attendions de sa part. Tous les elfes se souviennent de lui alors qu'il n'était encore qu'un esclave gladiateur dans l'arène rouge. Jamais il n'aurait fui la mort. Je me souviens encore de ses hurlements tintés de rire quand nous avons brisé son corps, ses insultes alors qu'il était pendu par le cou, ses rires déments alors que son sang giclait de ses blessures, ainsi que sa prophétie alors qu'il brûlait. A chaque mot de cette dernière, les flammes de son bûcher prenaient une couleur bleu foncé pour virer au bleu éclatant. Sa voix prédicatrice avait prononcé ces paroles, qui furent nous le pensions ses dernières : « Vous pouvez me tuer je ne suis rien ! Rien comparé à ce que vous avez vous même relâché sur vous ! Les forets brûleront, les eaux se changeront en sang, les cités de cristal tomberont ! Nul n’échappera au courroux ! Et au plus haut de la dernière bataille je reviendrais ! Je reviendrais pour chacun d'entre vous ! Sang et Honneur ! » Du tas de cendres, j'ai récupéré un petit tas, l'ai mis dans un sac et l'ai tendu à celle qui maintenant était veuve. La générale n'avait pas bouger de toute l’exécution, du moins du peu que j'avais vu d'elle. Ce n'est que bien des mois plus tard que la terrible prophétie se réalisa. Les esclaves soulevés avait mis a sac les merveilleuses cités de mon peuple. Des rivières de sang avaient été versées, les cracheurs de feu avait anéanti nos forêts, mais malgré tous cela nous gagnions la guerre. Lors de la dernière bataille, alors que nous allions massacrer le reste de leur armée, le ciel s'ouvrit ! Dans une explosion de couleurs, violet, vert, orange, rouge, telle une aurore boréale mais en plus puissant, de cette facture dans le ciel, il arriva. » Le texte se finissait ainsi sans autre explication, de ce qu'elle savait ce dernier texte avait plus de dix millénaires ! Son maître était bien une créature étrange et probablement immortelle. A moins que le Grim soit un titre qui se passe d'une génération à une autre et qu'à la mort de ce dernier elle deviendrait le Grim. Car bien sûr, les textes disaient parfois qu'il était un homme parfois une femme, certain le disent elfe, d'autres le disent humain. La théorie la plus plausible était donc qu'il y avait plusieurs Grims. En fonction des apparitions, ses capacités étaient aussi différentes, certain textes disaient qu'il pouvait voler et qu'il avait des torrents de flammes qui pouvaient sortir de ses yeux, ou encore qu'il était un changeling qui prenait des apparences bestiales sur les champs de bataille. Mais elle avait acquis un esprit critique. Elle savait que les textes qu'elle lisait étaient anciens, probablement erronés et rendus faux par le temps, vus par les yeux d'un auteur qui pouvait se tromper ou vouloir tromper de par son œuvre. Mais certaines choses que disaient entre eux les vampires sur le Grim la dérangeaient tout de même. En parlant de vampires, durant cette année, elle avait essayé de confronter Caïn pour savoir s'il était bien celui qui l'avait engendrée. Mais selon lui il n'y était pour rien. Qui pouvait être son créateur alors ? Si ce n'était ni Lilith ni Caïn et que Tepes était « stérile », comment pouvait-elle être un vampire ? Elle avait demandé à Asagrim et il avait souri en disant : « Qui hormis un non-mort peut créer un non-mort ? Il y a vingt-sept réponses possibles à cette question, douze ne sont pas applicables, il t'en reste quinze. Recherche, demande toi, pourquoi suis-je en vie ? Quelle est ma place ? Recherche, et quand tu auras trouvé, là tu comprendra mieux l’existence elle-même que bien des hommes et femmes de ce monde. » Toujours aussi énigmatique et fou, son maître était pourtant ce qui lui été arrivait de mieux dans sa vie. Libérée de l'esclavage, instruite, presque libre de tout. Mais tout  cela ne pouvait durer. Car comme la plus terrible des tempêtes a une fin, le doux zéphyr de la paix et de la quiétude en a une aussi. Tout ce qui est haut ne peut être haut si il n'y a un bas. Et le début de la fin arrivait à grands pas.
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